L’Iran

L’Iran conquiert les conquérants ….

Conférence de Barbara  LEPÊCHEUX            

Les noms « Perse » et « Iran » sont souvent aujourd’hui indifféremment utilisés.
L’Iran, d’abord appelé « Persa » faisait partie d’un immense Etat appelé,lui,« Aryanam », mot apparenté au mot « aryen » qui signifie « noble ».
Au vu de la carte de l’Iran et des pays voisins, ce pays a subi plusieurs invasions et s’en est accommodé. Jusqu’au 7ème siècle l’Iran était perse, puis vers 700 : c’est la conquête arabe et en 1050 :l’invasion turcophone.
L’Iran est géographiquement très varié : deux hautes montagnes, deux grands déserts, des mers stratégiques (la mer d’ Oman, la mer Caspienne et le golf Persique). L’Iran est composé d’une mosaïque de plus de 80 groupes ethniques dont les principaux sont : les Persans et Kurdes qui parlent l’iranien, les Azéris et Turkmènes qui parlent le turc, et les Arabes. Les origines principales des langues sont indo-européennes ou turques.
C’est un grand et riche pays dont les racines plongent dans la plus haute Antiquité et qui a développé au cours des siècles de brillantes civilisations, très souvent méconnues en Occident.
Au cours de cette soirée nous avons croisé les Achéménides, les Séleucides, les Parthes, les Sassanides, les Seljoukides , les Safavides, les Palhavi, … et leurs trésors.
Nous avons voyagé : sur le site le plus célèbre : Suse dans la Mésopotamie historique une des plus anciennes villes du monde,  dont les Elamites étaient les premiers habitants avant l’invasion aryenne iranaise ; à Jéricho, à  Babylone : célèbre pour ses ziggurats, sortes de pyramides, de tours de Babel, temples pour honorer les divinités locales ; à Pasargades (paradis) : première capitale historique de l’empire perse avec son fameux jardin royal au système de canalisation très élaboré qui serait donc une invention perse ; à Persépolis : la fastueuse capitale des Perses Achéménides dont l’empire colossal a été si bien administré par Cyrus le grand (550 à 331 av JC) : roi juste et vertueux qui respecte les cultures et religions des populations conquises en particulier les juifs
(le cylindre de Cyrus) ; à Shiraz :  patrie du vénéré poète Hâfez…les Iraniens d’aujourd’hui connaissent tous ses poèmes par cœur, car la poésie est très présente en Iran ; à Yazed :ville du désert sur la route de la soie avec ses ingénieuses tours à vent (prémices de la climatisation) ; à Ispahan : dont la plus grande place fermée au monde rassemble des palais éblouissants et des mosquées à l’architecture maintes fois remaniées construites sur une grande cour avec des iwans, des trompes décorées, avec voutes, coupoles, carreaux et mosaïques de faïence du 17ème et des colonnes qui semblent des cascades d’eau qui descendent du paradis…..Ces mosquées sont exemplaires pour les symboles qu’elles donnent ; à Qöm : ville sainte du chiisme qui soutient l’idée que l’imam est plus qu’un guide, mais un descendant direct de Mahomet.
On retrouve dans nos civilisations occidentales des origines perses :
– similitudes architecturales dans les tympans des églises romanes, coupoles, voûtes et colonnes.
– l’architecture particulière de leurs jardins qui servaient à honorer leurs poètes dans nos jardins à la symétrie et à l’organisation particulières (jardins reproduits schématiquement dans les tapis persans et que l’on retrouve aussi du Maghreb à l’Inde (Tahaj Mahal).
– les fruits très présents et offerts aux visiteurs pourraient faire penser à nos 13 desserts.
Suite à une révolution par rapport à la gouvernance du Shah considéré comme tyran, l’Iran est dirigé par les mollahs très conservateurs depuis 1979, très impliqués sur le plan religieux, mais surtout économique. L’influence occidentale est bannie. Certes le voile est obligatoire, mais les femmes ne sont pas soumises comme au Maghreb : elles sont très modernes.
C’est le pays de l’ambiguïté car on peut dire qu’il y a deux mondes : le monde de dehors soumis et obéissant, et le monde de dedans qui dans le privé se lâche, et peut tenir des discours tout à fait opposés. Mais ces milieux très différents restent très attachés à leurs valeurs ancestrales, une sorte de culture de résistance différente de celles des arabes et des turcs.
Pour preuve, en Iran, ils changent d’année au moment de l’hégire solaire, le 21 mars,  et leur jour de l’an  « Norouz » s’inaugure avec 7 objets commençant par S dont notre blé de Ste Barbe !!!
Quant aux mois : ils ont des noms dérivés de concepts zoroastriens.
« Un voyage » extrêmement enrichissant dans le temps et une découverte historique menée avec talent par  Barbara Lepêcheux.