L’expressionnisme allemand

Juliette MOTTE

Nous sommes dans l’Allemagne victorieuse dans la guerre de 1870 contre la France.
La peinture est académique, réaliste dans un pays où il y a une forte tension sociale.
Quelques peintres veulent s’affranchir des interdits, provoquer des émotions à la lecture de leurs tableaux. Une première forme sera le « Jugendstil » proche de l’ «art nouveau » français.

Ensuite il y aura deux mouvements principaux :

« Die Brücke »

Autrement dit « Le Pont » : créé, à Dresde, dans un esprit de création nouvelle au sein d’un groupe pour faire un lien entre le passé et le futur……. mais pour aller où ?
Leur programme, publié en 1906, est basé sur « la liberté d’agir», « la foi dans le développement » et « la force qui pousse à agir ». Les acteurs de ce groupe à ses débuts  sont Heckel, Kirchner, Schmitd-Rottluff, Bleyl  puis Emil Nolde, Max Pechstein, Otto Mueller les rejoignent.
On retrouve dans leurs tableaux, les traits anguleux de la gravure sur bois, les personnages longs des arts primitifs, le non respect des proportions du Greco et son exagération des gestes, les couleurs de Van Gogh, le pessimisme de Munch, les masques de carnaval de Ensor, les couleurs éloignées de la réalité des Fauves.
Leur style change lors des séjours passés à la campagne et peu à peu les détails disparaissent. Lors de leur installation à Berlin leurs peintures deviennent  plus angulaires. Mais l’esprit de groupe disparait  pour arriver à sa dissolution en 1913.
La « chronique  du Pont » écrite par Kirchner en est un élément déclencheur.
Ils feront 70 expositions en 8 ans pour se faire connaître.
Ils seront qualifiés de « dégénérés » par Hitler qui fera saisir leurs œuvres.

« Der Blaue Reiter »

Autrement dit « le Cavalier  Bleu » : créé à Munich en 1911, par Marc et Kandinsky après la dissolution de la Nouvelle Association des Artistes Munichois. Leur but est de  partager leur idée d’une unité européenne de l’art, de mettre de  la spiritualité dans la peinture anti naturaliste et non figurative. Le blanc est le silence, le noir est  le feu éteint, le bleu profond est l’infini, une vibration sismique qui atteint l’âme. Marc avait peint « les chevaux bleus » et Kandinsky « le cavalier bleu » : le nom de l’association est tout trouvé.
Une première exposition a lieu en 1911 où sont invités : Marcke, Münter, Schoenberg, Jawlensky, Rousseau, Delaunay, Vlaminck
Une deuxième exposition a lieu en 1912 avec les mêmes peintres auxquels s’ajoutent  Picasso, Braque, Derain, Van Dongen et Rouault.
Le groupe peu à peu se relâche. Kandinsky part vers l’abstraction. Marc vers le rayonnisme, voir « les oiseaux », «  les loups ». Il meurt en 1916 à Verdun. Macke reste dans la représentation mais sa peinture est « floue » sans détails. Il meurt en 1914 en Champagne.
L’expressionisme perdure encore aujourd’hui. Les deux groupes  n’ont pas été rivaux, tous  deux se libèrent des illusions pour accéder à un monde nouveau.